Nez et asthme - L'asthmatèque

Nez et asthme

nez et asthme

L’asthme a beau être une maladie des bronches, nombreux sont les patients qui présentent également des symptômes ‑ parfois très gênants ‑ au niveau du nez. En effet, la paroi nasale, comme celle des bronches, est tapissée d’un revêtement appelé muqueuse. Ces muqueuses présentent des similarités qui expliquent en partie la fréquence de l’association des signes ORL et respiratoires chez un asthmatique.

 

Une certaine sensibilité des muqueuses

Dans l’asthme, c’est à la fois la muqueuse du nez et des bronches qui est malade. Chez les patients allergiques, elle réagit de manière anormale au contact des pollens ou des poils d’animaux. Mais le phénomène peut aussi se produire au contact de virus, de particules, d’irritants… Au niveau de la sphère ORL, cela se manifeste par des éternuements, une sensation de nez bouché ou de nez qui gratte, des écoulements nasaux abondants, plus ou moins épais.

 

Comment traiter la rhinite ?

Le traitement de la rhinite inclut des lavages quotidiens au sérum physiologique, des corticoïdes en spray local, des antihistaminiques. Traiter le nez améliore le confort des patients et contribue également au contrôle de l’asthme. On considère donc que le traitement de la rhinite fait partie intégrante du traitement de l’asthme.

 

Les complications

Environ 30 % des asthmatiques sévères développent une polypose naso-sinusienne, c’est-à-dire des petites tumeurs bénignes développés aux dépens de la muqueuse nasale, qui, lorsqu’elles sont de grosse taille, peuvent entraîner une obstruction du nez, des sécrétions nasales abondantes, une perte partielle ou totale de l’odorat (hyposmie / anosmie), du goût (agueusie), des infections des sinus accompagnées de douleurs au front ou sous les yeux. Il peut y avoir dans 25% des cas une atteinte de la muqueuse de l’oreille moyenne, qui peut également être invalidante.

La présence des polypes est visualisée par le médecin ORL lors d’une nasofibroscopie (introduction d’une petite caméra dans le nez) mais peut parfois être constatée par le patient lui-même quand le volume des polypes les rend visibles dans les narines. Les traitements locaux quotidiens sont essentiels pour faire diminuer les symptômes et associent de grands lavages de nez avec du sérum physiologique et des corticoïdes par voie nasale en spray. Il est parfois nécessaire de recourir à la chirurgie pour retirer les polypes. Un scanner sera réalisé avant l’intervention. La polypose peut également nécessiter un traitement par corticoïdes oraux en cas de poussée inflammatoire, comme l’asthme. La plupart des biothérapies de l’asthme sévère peuvent avoir une efficacité sur les polypes. Le suivi conjoint par le pneumologue et l’ORL est donc indispensable pour adapter le traitement, choisir la bonne biothérapie et évaluer l’effet respectif sur l’asthme et les polypes, qui peut être dissocié.

Certains patients ont également une intolérance à l’aspirine et aux anti inflammatoires, marquée par des crises d’asthme, avec œdème du visage, rhinite dans les 4 heures suivant la prise de l’un de ces traitements. On parle alors de triade de Widal. On n’en connait pas bien le mécanisme, qui est différent d’une allergie.

Ces réactions peuvent parfois être très graves. Elles contre-indiquent de façon formelle la prise d’aspirine ou d’AINS, même sous forme de crème. Si vous avez déjà eu des réactions de ce type, parlez-en à votre médecin pour qu’il vous donne la liste des médicaments interdits. (NB : le paracétamol n’est pas un AINS). En revanche, le fait d’avoir une maladie de Widal ne modifie pas la prise en charge de l’asthme.

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