Asthme et grossesse - L'asthmatèque

Asthme et grossesse

L’asthme est la maladie chronique la plus fréquente pendant la grossesse puisque 12 % des femmes enceintes en souffriraient.  S’il n’est pas contrôlé, l’asthme peut être une source de risques pour la mère (fausses-couches ou pré-éclampsie notamment) et pour le fœtus (risque de prématurité et de petit poids de naissance).

Pendant la grossesse, l’asthme doit être bien contrôlé

Les risques pour la mère et l’enfant augmentent quand l’asthme est mal contrôlé (symptômes et crises plus nombreux, hospitalisations…). A l’inverse, si l’asthme est bien contrôlé, le risque tend à se rapprocher de celui d’une patiente non asthmatique.

La grossesse en elle-même peut modifier le contrôle de l’asthme selon la règle des 3 tiers : un tiers des femmes enceintes asthmatiques aggraveraient leur asthme pendant la grossesse, un tiers se stabiliserait et un tiers s’améliorerait. En réalité, cette proportion varie selon le contrôle et la sévérité de la maladie, plus l’asthme étant sévère, plus le risque d’aggravation des symptômes augmente. De nombreuses aggravations d’asthme au cours de la grossesse sont liées à des arrêts du traitement de fond ou à des traitements insuffisants.

Durant la grossesse et peut-être encore plus que dans le reste de la vie d’une asthmatique, il est donc primordial d’avoir un traitement bien dosé, adapté à la sévérité de la maladie, pris régulièrement et permettant un contrôle optimal de l’asthme. La fréquence du suivi pneumologique au cours de la grossesse dépend du contrôle et de la sévérité de la maladie.

Comment se traiter pendant la grossesse

La plupart des traitements de l’asthme sont autorisés au cours de la grossesse, quel que soit le terme. En cas de doute sur la possibilité de prendre un traitement, le site du CRAT est une source d’informations importante.

Traitement de fond inhalé: n’arrêtez pas votre traitement ! La dose peut être adaptée au cours de la grossesse avec votre médecin et selon vos symptômes, afin de trouver la dose minimale efficace. Une femme enceinte asthmatique est traitée de la même façon qu’une femme asthmatique non enceinte.

Traitement de secours: n’arrêtez pas votre traitement ! Maintenez votre habitude de prendre votre traitement de secours à chaque crise, autant de fois que nécessaire et selon le plan d’action établi avec votre médecin, jusqu’à amélioration des symptômes.

Corticoïdes: à prendre rapidement en cas d’exacerbation. Si votre plan d’action en comporte, suivez les recommandations de votre médecin pour guider la prise, comme en dehors de la grossesse. Sinon, consultez au plus vite une structure de soins d’urgence (médecin traitant aux horaires d’ouverture, pompiers, SAMU, urgences).

Biothérapie : à discuter avec votre pneumologue. Sur ces médicaments récents, on dispose d’une expérience limitée chez la femme enceinte. Pour les asthmatiques sévères, il est préférable de discuter de votre projet de grossesse avec votre pneumologue avant le début d’une biothérapie, car cela peut influencer le choix du traitement.  La découverte d’une grossesse sous biothérapie doit vous conduire à contacter rapidement votre pneumologue. Il vous conseillera sur la poursuite ou l’arrêt du traitement, au cas par cas, le bénéfice du traitement étant comparé au risque éventuel pour le fœtus. Il est préférable de ne pas arrêter le traitement sans avis du pneumologue. En cas d’arrêt de traitement, un suivi plus rapproché peut être nécessaire.

Vaccin : poursuivez la vaccination anti-grippale. Celle-ci est recommandée chaque année en cas d’asthme, et particulièrement en cas de grossesse, qui constitue en elle-même un risque de forme sévère de grippe. La vaccination est possible à tout stade de la grossesse et pendant l’allaitement.